Au commencement

Par quel bout commencer ? Je pense qu’avant d’être une MumDébordée, il faut devenir Mum n’est-ce pas ?

J’ai beaucoup hésité à raconter mon accouchement. Et puis finalement je me lance. Parce que chaque accouchement est différent. Parce que tout le monde dit que c’est « fantastique-je-recommence-demain-si-je veux », et moi alors ? Aujourd’hui, j’ai presque 8 mois de recul, assez et assez peu à la fois !

Préparez votre thé (n’oubliez pas les gâteaux), ça risque d’être long.

Premier enfant, accouchement prévu le 16 Octobre 2013. Faisant beaucoup de trajets pour le travail, je suis arrêtée dès le mois de juillet, on me parle accouchement prématuré, maternité niveau 1, 2, 3… J’ai choisi d’accoucher dans une petite maternité, je m’y sentais plus en famille, hors de l’esprit usine à bébé. Evidemment cette maternité était donc niveau 1, la niveau 2 était à 5 minutes et la 3 beaucoup plus loin. Bref, tout ça en tête, je continue à vivre mais mollo mollo ! Finalement, les semaines passent, les mois aussi et… RAS

Le 16 Octobre arrive… et passe ! Num1 était fermement décidée à squatter les lieux, juste par esprit de contradiction (déjà…) ! La suite est plutôt commune, monito régulièrement. Le 18, la décision est prise d’un déclenchement le lendemain, le 19 Octobre, rdv pris à 9h.

Normalement, dans ma maternité, la règle pour un déclenchement est de 5 jours après la date prévue. Malgré tout, étant déjà à 2cm avec un col favorable ajouté à des raisons professionnelles pour le papa, le gynéco de garde donne l’accord pour un déclenchement à J+3.

Arrivée sur place 9h avec tous les bagages, c’est assez étrange de se dire qu’on prend rdv pour avoir notre bébé, pas de surprise. Le temps de faire le dernier monito, dernier examen par le gynéco, il valide, on s’installe en salle d’accouchement et on me pose la perfusion d’ocytocine afin de déclencher l’accouchement à 9h30.

La sage-femme me dit de sonner si j’ai un soucis, sinon qu’elle surveille le monito à distance. Elle revient régulièrement (toutes les 1/2h je crois) augmenter la dose de la perf. Elle me dit qu’elle viendra vérifier le col quand il y aura de vraies contractions au monito. On attend…

Vers 11h je lui indique que ça commence à me chatouiller sérieusement mais que rien n’apparaît au monito. Elle valide, effectivement, les capteurs avaient bougé mais il y avait bien des contractions, je suis à 4cm. Elle me demande si je veux la péridurale, c’est un grand oui, je ne vois pas pourquoi se priver de cette invention magique, j’avais la ferme intention d’en profiter !

La sage-femme part appeler l’anesthésiste, elle revient en me disant qu’il est en intervention et qu’il arrive d’ici 45 minutes. Ok, déçue mais 45 minutes, c’est jouable. Elle m’amène du « gaz hilarant » au cas où ça ne va pas, je peux respirer dedans pour mieux gérer les contractions. Il doit être dans les 11h30.

C’est là que tout dérape. A partir de maintenant, les événements m’ont été reconstitués par le papa car le gaz a tellement bien fonctionné que j’ai autant de souvenirs qu’après une soirée bien plus qu’arrosée.

Une demi-heure se passe, je perds pied, la douleur est atroce, je respire à fond le gaz hilarant, je ne peux pas parler, pas bouger. Je n’ai plus de notion du temps.

12h, une furieuse envie de faire pipi me tient mais je n’ai pas la force de demander, mon esprit et mon corps sont concentrés à gérer cette douleur qui me détruit. Oui, oui, rien que ça. Ce qui devait arriver arriva, à force de me retenir, voilà que j’ai l’impression de me faire pipi dessus ! Le papa part appeler la sage-femme. J’ai honte, vraiment, mais je suis comme droguée, amorphe. Tellement droguée que je n’ai pas pensé un seul instant que j’étais peut être plutôt en train de perdre les eaux… Pauvre de moi ! L’honneur est (presque) sauf.

La sage-femme arrive, m’ausculte, je les vois, elle et l’auxiliaire de puériculture, mettre leurs masques : « vous êtes à dilatation complète madame ». Un vent de panique m’envahit, je ne peux pas, je n’y arriverait pas sans péridurale, je suis à bout, rompue de douleur et puis je suis une chochotte assumée !

Je ne saurais jamais ce qui s’est passé à ce moment là, hasard, appel en urgence ++ … ? En tous cas une sage-femme est au téléphone à la porte puis l’anesthésiste passe la porte. J’ai dû marmonner « mon sauveur » ou quelque chose du genre, plutôt futée la fille.

Paraît-il qu’il est resté environ 1/2h, ça m’a semblé 2 minutes. Je me souviens juste qu’il m’a demandé si j’allais pouvoir me mettre assise. La vérité c’est que je me serais même mise à danser la gigue s’il le fallait, j’avais trop peur qu’il reparte avec son aiguille ! La douleur de la péridurale ? Zéro, trop concentrée sur les contractions qui continuaient sans faiblir pendant ce temps ou vraiment parce que ça ne fait pas mal ? Je ne sais pas.

J’ai appris après que l’anesthésiste avait posé une péridurale et une rachi anesthésie car il avait peur que la péridurale n’ait pas le temps de fonctionner. La dose de cheval a finalement commencé à faire effet, je ne sens plus rien, c’est magique. Bon je ne sens plus le bas du corps, je ne peux plus bouger les pieds mais je m’en fiche, je me sens délivrée !

Il doit être dans les 13h.

Ce qui me semble être 2 minutes après (le papa me dira que non, il s’est écoulé 2h, les sage-femmes étaient en pause déjeuner), l’équipe revient, gynéco, sage-femme, auxiliaire de puériculture et on s’installe. Je commence à pousser, il est environ 15h15. Pas évident car je ne sens plus rien, paraît-il que je m’en sors bien. 15h19, j’entends un cri, j’étais encore dans le gaz, je suis surprise par ce cri, Num1 est née.

L’effet du gaz se prolonge, j’observe ce bébé que je ne connais pas contre moi, paraît-il que le papa a coupé le cordon, aucun souvenir de la chose.

Je pensais ressentir tout de suite cette vague d’amour que beaucoup décrivent, quelques larmes coulent en écrivant ces mots, mais ce ne fut pas le cas. Je me contente d’observer cette petite chose tétant tout ce qui passait à proximité.

Pendant que le gynéco s’occupait de la boucherie de moi, le papa habillait maladroitement sa fille. Si petite (3kg260, 48cm) alors qu’on l’avait prédit si grosse (plus de 4kg, plus de 52cm).

Image

De retour à la maison, je pleurais tous les soirs en repensant à ces moments « ratés » (merci le baby blues). Depuis, rassurez-vous, ça va mieux ! Bien mieux, je rigole même en racontant cette expérience de stonitude sans précédent !

Non, pour moi, l’amour n’est pas venu au premier regard (ça j’ai encore du mal à l’avouer), mais je me suis bien rattrapée depuis ! Et quant au  c’est-fantastique-je-recommence-demain-si-je veux ? Il ne faut pas exagérer, je ne l’ai pas du tout vécu comme quelque chose de fantastique, je l’assume. Avoir son bébé, apprendre à le connaître, le voir grandir et changer, oui mais l’accouchement non !

Voilà la vérité sur mon accouchement (rappelons qu’ils sont tous différents).

Et vous, pour les mamans, l’avez-vous bien vécu ? Et les non mamans, en avez-vous peur (j’espère que je ne vous ai pas fait fuir !) ?

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2 réflexions sur “Au commencement

  1. Merci pour cette vérité. Je ne suis pas maman, mais au contraire ça me rassure de lire des choses plus réelles que « oh c’est merveilleux, on oublie tout de suite la douleur dès qu’on le voit… ». J’aime cette honnêteté, ça prépare bien mieux. 🙂

    • Nan c’est pas vrai, je pense que certaines ne souffrent pas (péri tôt et premières contractions bien supportées). Si j’avais eu la péri à 3 franchement c’était gérable. Mais quand on souffre non on n’oublie pas

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